Journal du vendredi 3 janvier 2020 – Exposition « Frapper le fer » au Quai Branly

Flûte

Artiste inconnu (population bamana, Mali)
Fin du 19e – début du 20e siècle
Fer
Collection de Susan et Richard Ulevitch

Cette flûte en forme d’antilope témoigne de la dextérité du forgeron. Les flûtes en fer forgé et en bois sculpté étaient utilisés par les chefs et les membres du Kòmò  associées à des objets de pouvoir, par exemples masques ou les autels boliw (au singulier, boli), avec lesquels ils étaient conservés. Un membre du Kòmò pouvait également détenir de petites flûtes qui représentaient autant d’éléments d’un réseau de communication secret.

Vase contenant des fers de pluie

Artiste inconnu (population mumuye (?)  Nigeria) 
Milieu du 20e siècle
Fer, terre cuite
Fowler Museum at UCLA, X2008.32.3, achat du musée, 2008

Pour être maintenus à la verticale, ces rameaux en fer faiseurs de pluie étaient probablement plantés dans la glaise molle contenus dans un vase en céramique, avant qu’y soit mis le feu. Les bosses de la surface du pot et le contenu signalent l’objectif ainsi quels puissance rituelle de l’objet.

Masque

Artiste inconnu (population dan, Liberia et Côte d’Ivoire) 
Fin du 19e – début du 20e siècle
Fer bois, alliage cuivreux, fibres végétales, pigment
Yale University Art Gallery, 1954.28.7; don de M. et Mme James Osborn pour la Linton Collection of African Art
Pour les Dan, deux univers distincts coexistent : les esprits de la forêt qui peuvent s’avérer dangereux et le village régi par les comportements humains socialisés.
Les masques, souvent conçus dans des rêves que les esprits de la forêt adressent aux hommes, sont les incarnations de ces esprits, que l’on utilise pour maîtriser leur énergie sauvage, éventuellement bénéfique. La présence de fer magnifie les pouvoirs sacrés de ces esprits et permet à un danseur masqué de servir d’intermédiaire entre le village et l’au-delà.

Planche de mémoire (lukasa)

Artiste inconnu (population luba, République démocratique du Congo)
Fin du 19e – début du 20e siècle
Fer, bois, perles de verre
Brooklyn Museum 76.20.4, don de Marcia et John Friede

Le lukasa  extraordinaire planche en bois en forme de sablier, orné de motifs gravés, facilite les opérations de mémoire.
Ses pouvoirs lui viennent des perles de verre et des enclumes miniatures (vinyundo) encastrées à sa surface. En touchant ces dernières de l’index, les membres de la société Mbudye racontaient des histoires glorieuses, comme celle de l’épopée du héros luba Mbidi Kiluwe et de son fils Kalala Ilunga, qui a défini l’étiquette de la cour luba.

Figure de pouvoir (bocio)

Artiste inconnu (population fon, République du Bénin)
Première moitié du 20e siècle
Fer, bois, textile, fibres végétales, coquille d’escargot
Collection Nationaal Museum van Wereldculturen,
Collectie Congregatie van de Heilige Geest. AM-490-2

Cette figure bocio est surmontée d’un disque comparable à un asẽn relié par une chaîne de fer à un cône/une cloche à l’effigie de Gou scellée à la double hache d’Hevioso, le dieu du tonnerre. La somme de tous ces éléments de nature spirituelle, ancêtres et divinités, représente plus que chacun d’eux. Un bocio peut prendre des mesures redoutables au nom de son propriétaire.

Figure de pouvoir (nkisi kondi)

Artiste inconnu (population yombe, République démocratique du Congo)
18e – 19e siècles
Bois, fer, alliage cuivreux, miroir, tissu, cordage, perles de verre, cauris (Cypraea moneta)
Fowler Museum at UCLA
X65.5837 ; don du Wellcome Trust

Ce nkisi kondi se compose de toutes sortes de matériaux, préparés par un guérisseur seul à connaître les ingrédients secrets – des herbes médicinales, des racines, des plantes, et même de petites sculptures en bois – qui donnent son efficacité à la statue. Les yeux fixes, constitués de morceaux de miroir, mettaient en garde les agresseurs et protégeaient le propriétaire du nkisi de leur malveillance. Les substances magiques rassemblées sur le nombril étaient dissimulées aux regards pas des bandes de tissu. Le nkisi nkondi met en évidence les fonctions émancipatrices du fer. En effet, les pointes, lames, outils et clous en fer en grand nombre recelaient des pouvoirs surnaturels s’exerçant sur les désirs et les besoins humains. Chaque pièce de fer était insérée pour réveiller les esprits contenus dans la sculpture et les amener à résoudre des questions privées et intracommunautaires. Cette statue était la dépositaire de telles intentions